Respectons la présomption d'innocence

Publié le par Julien Freyburger

Les nouvelles en provenance de New-York, ce dimanche en tout début de matinée, ont résonné comme "un coup de tonnerre", pour reprendre la formule utilisée par la patronne des socialistes Martine Aubry.

 

Le fait que Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français et surtout directeur général du Fonds monétaire international et candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2012, soit interpellé dans des conditions rocambolesques par les forces de l'ordre américaines alors que l'avion d'Air France dans lequel il avait pris place s'apprêtait à décoller pour Paris, est tout bonnement surréaliste.

 

Les faits qui lui sont reprochés par une employée de l'hôtel new-yorkais où il séjournait sont qualifiables, sur le plan juridique, de "crimes", et passibles d'une longue peine privative de liberté. Ce type de comportement relève davantage de la rubrique des "faits divers" que de l'actualité politique. La suspicion pesant sur les épaules de DSK et les circonstances de l'affaire paraissent issues d'un mauvais film de série B, d'un vilain rêve dont on aimerait sortir rapidement.

 

L'esprit de responsabilité commande la prudence et la décence. D'une part Dominique Strauss-Kahn n'est pour l'heure coupable d'aucun agissement délictueux, d'autre part une procédure judiciaire suit son cours. Tout commentaire déplacé sur cette regrettable situation est à proscrire tant les informations à ce sujet sont à la fois innombrables et sujettes à caution.

 

Le respect de la présomption d'innocence ne doit pas être un vain mot. Tant qu'une personne n'a pas été jugée définitivement et condamnée pour des faits avérés, elle dispose du droit fondamental de voir son innocence présumée. DSK doit en bénéficier, certes pas davantage mais pas moins non plus que tout individu mis en examen ou, selon la terminologie américaine, inculpé.

 

Nul ne sait ce qu'il adviendra à l'avenir de cette affaire, à la fois sur le plan judiciaire et sur le plan politique, même si la participation de l'ancien ministre de l'économie et des finances aux primaires du parti socialiste semble aujourd'hui compromise.

 

A ce stade, tirons collectivement un enseignement de cette actualité peu réjouissante pour la France : il faut que l'ensemble des responsables politiques et, au-delà, que chacun d'entre nous s'engage à ne pas participer d'un jeu malsain de dénonciation et de calomnie tant dans cet épisode que dans d'autres présumées "affaires", passées ou à venir.

Publié dans En France et Ailleurs

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