Les "Mémoires de guerre" du Général de Gaulle au programme du bac : il n'y a pas lieu de polémiquer.

Publié le par Julien Freyburger

GénéraldeGaulleLe programme du bac littéraire est, année après année, source de réflexion pour les autorités qui ont la difficile mais passionnante tâche de le construire. Les différents domaines d'études nécessitent le choix d'une oeuvre spécifique. Le tome III des Mémoires de guerre, Le Salut, 1944-1946 a été proposé au titre de la partie "littérature et débats d'idées", recueillant l'assentiment des experts chargés de se prononcer.

 

L'année du soixante-dixième anniversaire de l'appel du 18 juin est propice, d'autant que sur le plan historique cette période est au programme de la classe de première. Exit donc l'une des protestations du SNES tenant à la supposée incompétence des enseignants de Français en matière d'histoire.

 

Reste l'apport littéraire de l'oeuvre du Général de Gaulle dont on pourrait légitimement penser qu'elle ne devrait souffrir d'aucune remise en question. Et pourtant, cet aspect figure là aussi au rang des revendications portées par une poignée de militants qui confondent les missions de l'Education nationale, au service de tous les Français, avec un positionnement idéologique de bien mauvais aloi. La stupéfaction gagne du terrain à mesure que cette vaine et vilaine polémique prend artificiellement de l'ampleur, jusqu'à la circulation d'une pétition pour que soit retirée l'oeuvre du programme du baccalauréat 2010.

 

Quelle curieuse et détestable manière d'agir ! Là où l'idéologie occupe tout l'espace, il n'y a plus de place pour l'essentiel, la qualité des sujets proposés. Car l'oeuvre littéraire du Général de Gaulle fait partie intégrante du patrimoine national, à un point tel que des hommes de lettres, de culture, de cinéma, parfois opposants déclarés au visage politique du Gaullisme, n'hésitent pas à l'utiliser comme source d'inspiration de leurs propres créations.

 

Prenons une hypothèse aussi absurde que la protestation en cause : parce que la frontière entre littérature et politique est floue, parce que l'Histoire inspire l'écrivain, faut-il supprimer des programmes scolaires toutes les oeuvres qui ne respectent pas une stricte neutralité, aussi improbable que les critiques infondées du moment ? Chateaubriand, Céline, Aragon, Zola, Sartre et les autres sont-ils à jeter aux oubliettes à cause de leurs engagements, souvent, d'ailleurs, plus critiquables que le parcours de l'homme du 18 juin ?

 

Regardons la réalité en face : tout ceci n'est qu'idéologie et fermeture d'esprit. Une vaine et vilaine polémique. Il est bien plus intéressant de relire le Général de Gaulle qui décrit, évoquant la Libération, "[l']un de ces miracles de la conscience nationale, un de ces gestes de la France, qui parfois, au long des siècles, viennent illuminer notre Histoire. Dans cette communauté, qui n'est qu'une seule pensée, un seul élan, un seul cri, les différences s'effacent, les individus disparaissent. Innombrables Français dont je m'approche tour à tour, à l'Etoile, au Rond Point, à la Concorde, devant l'Hôtel de Ville, sur le parvis de la Cathédrale, si vous saviez comme vous êtes pareils !" 

Publié dans En France et Ailleurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article