Quelques mots sur le redécoupage électoral

Publié le par Julien Freyburger

Le gouvernement a engagé depuis plusieurs mois un chantier d'envergure : le remodelage des circonscriptions législatives. Pourquoi et comment ?

Sans entrer dans des considérations techniques qui nécessiteraient des développements substantiels, on peut dire que le point de départ de cette opération émane du Conseil constitutionnel lui-même, juge de l'élection des députés, qui dénonçait non sans raisons les déséquilibres apparus au fil des années entre les différentes circonscriptions législatives. Certaines ont en effet gagné des habitants alors que dans le même temps d'autres en ont perdu. Il fallait remédier à cet état de fait qui ne correspondait plus aux règles les plus élémentaires applicables à l'élection des membres de l'Assemblée nationale.

Le ministre en charge de cette délicate mission, Alain Marleix, a procédé à de nombreuses consultations, partis politiques de la majorité et de l'opposition en tête. A la suite d'une procédure longue et complexe, il a rendu une copie tenant compte de l'évolution démographique des différents territoires et conforme, dans toute la mesure du possible, à l'ensemble des éléments, d'abord juridiques et aussi politiques, en lien avec l'opération à conduire.

Cette mission, par sa nature même, ne peut en aucune façon entraîner une approbation unanime des élus et autres responsables de partis. Le but assigné au ministre consistait alors à tendre vers un résultat entraînant le consensus le plus large.

C'est ainsi qu'en Moselle, la feuille de route du ministre comprenait le passage de 10 à 9 circonscriptions. Tout naturellement, l'actuelle 8ème circonscription était vouée à la disparition. Il faut bien reconnaître que dans son format valable jusqu'en 2012, celle-ci comprend 4 cantons, eux-mêmes dépendant de 4 arrondissements différents. Outre cette particularité sur le plan administratif, il apparaît difficile de trouver des points de convergence (comme un bassin de vie commun, par exemple) entre Rombas, ville de l'Orne située dans l'arrondissement de Metz-Campagne, et Creutzwald, commune frontalière de l'Allemagne. Question de bon sens.

La députée socialiste Aurélie Filippetti, élue dans la circonscription de Rombas-Bouzonville, a donc beau jeu de dénoncer aujourd'hui la disparition de son territoire d'élection après avoir tenté en vain de se faire élire au Parlement européen... mais convenons que c'est le jeu politique qui la conduit à agir de la sorte.

Il en est de même pour d'autres parlementaires qui fourmillaient d'idées sur le redécoupage électoral à la condition toutefois de ne pas être eux-mêmes concernés. Or, il semble évident que des ajouts de territoires ou des modifications importantes dans les circonscriptions voisines sont toujours suceptibles d'entraîner un rééquilibrage chez soi. Question d'équité.

Si des mécontentements se font jour, il est toujours loisible aux élus qui s'estimeraient lésés d'utiliser les voies de droit existantes plutôt que de prendre des postures parfois déconcertantes à travers la presse.

Dès lors, un bon conseil peut immédiatement leur être prodigué : celui de ne pas prendre une nouvelle fois le risque d'exploiter l'absence d'une information complète à la disposition du grand public qui, à défaut de se sentir concerné au premier chef par le redécoupage électoral, pourrait à juste titre se lasser de telles pratiques sans grand intérêt.

Publié dans En France et Ailleurs

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Lorraine_2010 05/08/2009 21:48

Ceci dit, Masseret n'est pas mauvais non plus dans cet exercice là : Montigny, Metz, Hayange, Saint Quirin !

Julien Freyburger 06/08/2009 09:38


Et on pourrait ajouter à cette liste dans l'ordre une nouvelle fois Metz...


Nicolas HONECKER 04/08/2009 13:29

Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant concernant la possible exfiltration d'Aurélie Filippetti de la Moselle vers Paris.
En effet, elle est coutumière du fait : élue verte dans le Vème arrondissement de Paris en 2001, candidature avortée dans le Rhône en 2004 pour les sénatoriales, candidature verte puis PS avortée à Longwy aux législatives de 2007, arrivée en Moselle pour les mêmes élections dans la 8ème circonscription de la Moselle, candidature PS aux européennes de 2008.
Mme Filippetti n'est plus sur le terrain depuis un an déjà.
Elle a désertée depuis bien longtemps notre département.
Mme Filippetti fait du tourisme électoral. Dommage que les électeurs ne le remarquent pas.

Julien Freyburger 04/08/2009 17:46


Le parcours est "riche" géographiquement et politiquement... Je fais mienne la phrase de conclusion !


Lorraine_2010 03/08/2009 19:46

D'autant qu'Aurélie Filipetti aurait déjà trouvé une nouvelle circonscription pour 2012 ... en Région Parisienne !

Julien Freyburger 04/08/2009 09:43



Information que j'ai également lue et entendue... à envisager avec précaution. Si tel était le cas, ce que je me refuse à croire aujourd'hui en l'absence d'éléments plus probants, cela serait
très choquant vis-à-vis des électeurs mosellans qui lui ont témoigné leur confiance.



Lorraine_2010 03/08/2009 19:45

D'autant qu'Aurélie Filipetti aurait déjà trouvé une nouvelle circonscription pour 2012 ... en Région Parisienne !